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Voici pourquoi nous prenons de mauvaises décisions financières

Très souvent nous pensons que bien gérer ses finances personnelles c’est savoir calculer nos revenus, nos dépenses, savoir allouer nos ressources disponibles ou encore prioriser nos dépenses en fonction de nos revenus et de nos objectifs.

Si gérer ses finances personnelles faisait seulement appel à ces aptitudes en calcul et logique, on aurait moins besoin de faire de l’éducation financière. En réalité, les calculs  nécessaires à cette tâche sont élémentaires. Dès qu’on sait faire une addition et une soustraction on est capable de faire un budget.

De plus, on a appris depuis le primaire, grâce à des fables  comme celle de La cigale et la fourmi, qu’il faut être non seulement travailleur mais aussi prévoyant. Nos revenus ne doivent donc pas nous servir qu’à satisfaire nos besoins actuels, ils doivent également satisfaire ceux des jours à venir et nous permettre de passer au travers des mauvais jours.

On s’explique donc mal que des personnes instruites qui, a priori, ont tout le bagage intellectuel nécessaire pour tirer le meilleur de leur argent ne le fassent pas et se retrouvent dans des situations financières précaires. La réponse courte est que…

Les finances personnelles ne sont pas qu’une affaire de calculs

La gestion des finances personnelles comporte un aspect comportemental très important. Cet aspect est souvent occulté ou négligé lorsqu’on essaye d’aider une personne à prendre en main ses finances personnelles. On va souvent se focaliser sur les chiffres et espérer que les gens prennent des décisions rationnelles  soutenues par les chiffres mais, l’instinct et l’intuition guident certaines sinon la majorité de nos décisions.

C’est dans ce contexte qu’on parle de plus en plus d’économie comportementale. Une branche de l’économie qui étudie l’influence des facteurs psychologiques, cognitifs, émotionnels, culturels et sociaux sur les décisions des agents économiques.

Ceci signifie que quand nous prenons de mauvaises décision financières, nous ne sommes pas totalement ignorants que ces décisions ne sont pas bonnes pour nous mais nous les prenons tout de même parce notre état émotionnel et psychologique du moment nous le dicte.

Voyons quelques émotions qui influencent grandement nos décisions financières:

La peur

Les personnes qui avaient des placements sur les marchés boursiers entre 2000 et 2010 ont connu l’éclatement de la bulle technologique au début des années 2000 et la crise financière de 2008. Deux événements majeurs qui ont entraîné des faillites d’entreprises et d’énormes pertes financières pour les investisseurs. Les personnes qui ont connu ces deux événements vont être plus réfractaires à investir leur argent en Bourse peu importe le niveau de rendement qu’ils peuvent en tirer que des investisseurs australiens par exemple qui n’ont pas connu de crise financière depuis trois décennies.

Au début de la pandémie, on a vu les épiceries prises d’assaut par des centaines de personnes qui voulaient faire des provisions face à une situation incertaine. La peur a amené les agents économiques à s’acheter tout ce qu’ils pouvaient, au cas où ils ne seraient pas capables d’avoir accès à ces biens plus tard.

Plus tard, lorsque les magasins on réouverts en mai, c’était la même euphorie des gens qui s’achetaient plein d’affaires par crainte qu’on ne ferme les magasins un deuxième fois et qu’ils manquent de quoi que ce soit.

Peu de personnes ont pris le temps de réfléchir aux achats qu’ils faisaient, guidés par la peur plutôt que la raison.

La peur peut nous amener à prendre des décisions irrationnelles. Et les publicitaires l’ont compris. C’est pourquoi on voit régulièrement des promotions qui jouent sur la peur du consommateur pour l’amener à dépenser plus que ce qu’il devrait.

Le regret

Lorsqu’on a pris un mauvaise décision par le passé, les regrets associés à cette mauvaise décision peuvent nous amener à prendre d’autres mauvaises décisions en espérant éviter les mauvais résultats que nous avons eu la première fois.

Pour reprendre l’exemple de la Bourse, lorsqu’on achète un titre en espérant qu’il fasse de bons rendements et que ces rendements ne sont pas à la hauteur de nos espérances, les regrets de cet achat peuvent nous amener à revendre le titre à perte (C’est une situation que je vis personnellement en ce moment. J’ai acheté les actions d’une compagnie de télémédecine qui avait le vent en poupe et le lendemain de mon achat, les titres on drastiquement baissé. Je regrette mon achat et ne sais pas encore si je dois vendre à perte ou attendre que les titres remontent si jamais ils remontent).

L’amour

L’amour ne rend pas qu’aveugle, il rend aussi irréfléchi. Pour l’être aimé, on est prêt.e à prendre les pires décisions financières qui soient. On veut à tout prix faire plaisir peu importe si cela signifie plonger dans un gouffre financier.

L’exemple le plus parlant est sans doute celui du mariage. Les mariages ne sont plus simplement l’officialisation ou la célébration d’une histoire d’amour. On veut la plus belle robe, le plus beau costume, la plus belle fête car, dit-on, c’est le plus beau jour de sa vie. Le plus beau jour de sa vie mérite-t-il de compromettre les jours suivants de sa vie? Aveuglé par l’amour, beaucoup de personnes refusent de répondre à cette question.

Le biais de disponibilité

Un autre facteur qui influence grandement les décisions financières est le biais de disponibilité. Le biais de disponibilité est un mode de raisonnement qui se base uniquement sur les informations en mémoire. On prend les décisions sur la base des informations dont on a connaissance au moment de prendre la décision.

Les publicitaires continuent d’utiliser ce biais cognitif pour amener les gens à acheter leurs produits. Pour ce faire ils utilisent le matraquage publicitaire. Lorsqu’un consommateur se retrouve face à plusieurs choix pour un produit qu’il veut acheter, il prendra automatiquement le produit dont il a déjà entendu parler et non un produit totalement inconnu.

D’un point de vue des finances personnelles le biais de disponibilité influence les décisions dans le sens où les gens vont prendre leurs décisions en fonction de ce qu’ils voient ou expérimentent dans leur environnement. Si par exemple on connait une personne qui a cotisé à ses CELI et RÉER et qui a perdu son argent suite à une crise financière, on tiendra pour acquis que l’investissement en bourse est très dangereux et qu’il vaut mieux ne pas s’y aventurer.

Si on connait des gens qui ont perdu leur fonds de pension à cause de gestionnaires de portefeuille mafieux, on tiendra pour acquis qu’il vaut mieux ne pas cotiser pour sa retraite car on risque de perdre ses économies.

C’est ainsi que beaucoup de personnes vivent et perpétuent la précarité financière parce qu’elles ne prennent pas la peine de s’ouvrir à d’autres expériences qui prouvent que ce qu’ils voient au quotidien n’est pas la seule réalité possible.

Pour finir, rappelons que les finances personnelles, ce n’est pas qu’une affaire de calculs. D’autres facteurs émotionnels et sociaux influencent également les décisions que nous prenons au quotidien. Il est important que chacun sache reconnaître les éléments déclencheurs et sache agir contre eux pour préserver sa santé financière.

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