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Quatre types d’objectifs financiers pour guider ses efforts

“Tu épargnes pour épargner ou tu as des objectifs pour ton épargne?”

C’est la question qu’on m’a posée sur Instagram après que j’ai partagé mes objectifs d’épargne de 2021. Et j’ai pensé qu’il serait intéressant d’écrire sur les différents objectifs financiers auxquels on peut aspirer. 

Quand on décide d’être sérieux avec ses finances, on peut très vite se retrouver en train d’embrasser les objectifs des personnes dont on s’inspire. Cette façon de faire, non seulement nous met la pression parce qu’on n’est pas au même niveau financier que l’autre personne, ce qui peut nous décourager et nous faire abandonner, mais en plus, cela nous amène à poursuivre les rêves d’autrui.

C’est pourquoi il est important de définir les raisons pour lesquelles on épargne et investit. Je ne parle pas ici des objectifs tels qu’acheter une maison ou une voiture, aller en vacances, etc. qui nécessitent de mettre en place des stratégies pour y arriver. Je parle des objectifs plus globalisants et de long terme qui façonnent la façon dont nous vivons notre vie de tous les jours et qui guident les choix que nous faisons lorsque nous décidons d’acheter une maison, une voiture, etc. 

Les quatre types d’objectifs financiers que l’on peut se fixer pour façonner sa vie de rêve sont: l’indépendance, la stabilité, le style de vie et la croissance.

Ces objectifs sont de long terme et il est possible qu’on ne les atteigne pas avant un âge avancé ou alors qu’on ne les atteigne même jamais. Mais ceci ne signifie pas qu’on ne profitera de la vie que quand on les aura atteints. Comme je le disais dans cet article, on doit apprécier le voyage vers la sécurité financière. On ne doit pas mettre sa vie en pause et se dire qu’on ne fera telle chose que quand on aura réalisé telle autre. On risque d’être vieille, fatiguée, malade lorsqu’on cela arrivera ou pire même morte. Il est une fois de plus question d’équilibre, profitons de la vie aujourd’hui en planifiant pour demain.

1. Objectif d’indépendance

L’indépendance financière c’est la capacité à subvenir à ses besoins lorsqu’on ne veut ou ne peut plus travailler. Beaucoup aspirent à cette indépendance à 65 ans (l’âge officiel de la retraite au Canada) d’autres y aspirent plus tôt. Quel que soit le moment auquel on envisage de ne plus travailler, il faut faire ses calculs et savoir combien on doit avoir amassé pour vivre confortablement lorsque ce moment arrivera. 

Pour atteindre cet objectif, on doit investir dans des actifs générateurs de revenus afin que ceux-ci prennent la relève lorsqu’on décidera de ne plus travailler. Comme je le disais dans cet article, on doit mettre son argent au travail afin que plus tard, notre argent travaille pendant que nous nous reposons. Les actifs dans lesquels on peut investir ici peuvent être la bourse, l’immobilier ou investir dans des entreprises qui vont nous reverser un revenu sans qu’on ne soit activement impliqué dans la gestion quotidienne de l’entreprise. Lorsqu’on a accumulé assez d’actifs de telle sorte que les revenus de ces actifs peuvent couvrir nos dépenses annuelles, alors on a atteint l’indépendance. 

Imaginons par exemple un couple qui vit avec 60 mille dollars par an. Pour atteindre l’indépendance financière où leurs actifs génèrent assez de revenus pour qu’ils n’aient plus à travailler, ils doivent amasser 1 million 500 mille dollars en actifs. À moins d’avoir un très très gros revenu et un mode de vie frugal, un tel objectif est de longue haleine et prend de nombreuses années à réaliser. Il faut donc s’assurer qu’on planifie ses finances en conséquence pour atteindre cet objectif tout en continuant à profiter de la vie. 

Un autre objectif d’indépendance financière à plus court terme peut être celui d’investir le minimum nécessaire pour atteindre l’indépendance financière. Par exemple si on a calculé qu’on a besoin d’investir 1000$ chaque mois pour atteindre son chiffre d’indépendance financière dans 25 ans, ce montant va être l’objectif d’indépendance. 

En règle générale, on suggère de multiplier le montant de ses dépenses annuelles par 25 pour trouver le montant nécessaire à son indépendance financière. Ceci vient de la règle du 4% qui suppose que lorsque 4% de ton portefeuille représente le total de tes dépenses annuelles, tu es bien partie pour ne plus jamais manquer d’argent jusqu’à la fin de tes jours. La règle du 4% est de plus en plus critiquée, mais ce n’est pas le plus important ici. On peut choisir la formule qu’on veut (3% ou 5% ou n’importe quel pourcentage). Le plus important est de mettre de côté un pécule suffisant pour nous permettre de continuer à vivre décemment lorsqu’on ne voudra ou pourra plus travailler. 

Pour ceux qui envisagent prendre la retraite avant 65 ans, il est important de se demander pourquoi on veut atteindre cet objectif. Le travail représente une bonne partie de notre identité et de notre temps. Avant d’aspirer à le quitter une bonne fois pour toutes, il faut définir clairement pourquoi on veut le faire. Est-ce que c’est parce qu’on n’aime pas son travail? Si oui, peut-on trouver un travail qu’on aime, mais qui paie peut-être moins bien ? Est-ce que c’est parce qu’on veut démarrer son entreprise? Si oui est-ce qu’on peut commencer à petite échelle et la faire grandir ? Dans tous les cas, avant de s’engager sur le chemin de l’indépendance financière à 30, 40 ou 50 ans, il faut s’assurer que c’est une décision personnelle et non une décision influencée par un blogue ou une page sur les réseaux sociaux. 

Une personne qui envisage de prendre sa retraite à 65 ans aura plus de temps et moins de pression pour bâtir son fonds de retraite qu’une autre qui aspire à la retraite avant. 

2. Objectifs de stabilité

La stabilité c’est lorsqu’on a assez d’argent pour faire face aux imprévus que la vie ne manquera pas de mettre sur notre chemin. Quand tout va bien dans notre vie, on a tendance à penser que ce sera toujours le cas. Et avec raison! Qui a envie de s’encombrer l’esprit à penser aux moments difficiles lorsque tout va bien? Pourtant c’est exactement ce que l’on devrait faire: penser à s’assurer, à épargner pour les mauvais jours. Ne pas vivre comme la cigale de la fable. 

La stabilité nous permet de naviguer les moments difficiles sans s’enterrer sous des tonnes de dettes. Ici on va s’assurer qu’on a les assurances nécessaires. Pour nous les immigrants, j’avais déjà mentionné qu’il est de bon ton d’avoir une assurance vie qui couvre au moins les frais de rapatriement de la dépouille jusqu’au pays d’origine. On ne voudrait certainement pas que notre famille déjà éprouvée par la perte d’un être cher se casse encore la tête pour savoir comment faire revenir la dépouille. 

On doit également avoir un fonds d’urgence et assez de marge de manoeuvre pour naviguer des situations comme les réparations de la maison ou de la voiture, les frais médicaux non couverts par les assurances. Pour nous qui soutenons la famille au pays, on doit aussi pouvoir répondre promptement aux diverses sollicitations.

J’avais parlé dans cet article de comment j’ai été capable de soutenir de soutenir ma mère lors de la maladie de mon grand-père jusqu’à ses derniers jours. À aucun moment dans cette épreuve, je n’ai dû réfléchir sur comment trouver de l’argent pour les soins ou plus tard les obsèques. J’ai été soulagée de pouvoir soutenir les miens dans cette épreuve.

Beaucoup pensent que la stabilité vient avec un gros salaire. Mais ce n’est pas toujours vrai. Comme souvent avec les finances personnelles, ce n’est pas tant le revenu qui compte, mais ce qu’on fait de ce revenu et surtout ce qu’on garde pour soi-même. Je vois personnellement la stabilité comme la capacité à se préparer à l’imprévu. Je ne suis pas très bonne pour ce qui est des objectifs de stabilité, mais j’y travaille. 🙂 

3. Objectifs de style de vie

L’inflation du style de vie n’est pas un mythe. Elle s’insinue sournoisement dans nos vies sans qu’on y prête vraiment attention et un beau jour on se rend compte que malgré toutes nos augmentations de revenus, on n’est plus capable de soutenir notre style de vie sans l’aide de la carte de crédit. J’en avais déjà parlé ici en long et en large. 

L’une des façons de lutter contre l’inflation du style de vie est de définir des objectifs de style de vie. Lorsqu’on a défini le style de vie qu’on veut pour soi, on ne se laisse plus submerger par les aléas de la vie. Ici on va décider par exemple qu’on ne veut pas posséder de voiture, mais de se déplacer en vélo ou transport en commun; de louer plutôt que d’acheter une maison; de vivre dans une petite ville plutôt que dans un grand centre urbain; de manger exclusivement des aliments biologiques, etc. 

Tous ces choix contribuent à définir le style de vie et à s’y tenir. Si on ne fait pas ces choix, on va courir après les dernières modes, changer ses habitudes au gré des commentaires des collègues et amis. 

Lorsqu’on a pris le temps de définir comment on veut vivre sa vie, on peut ne pas avoir les moyens pour vivre cette vie idéale maintenant, mais on va y mettre les efforts et lorsqu’on vivra cette vie idéale on ne va pas en vouloir plus. On saura qu’on a atteint son objectif et s’en tenir à cela plutôt que de toujours en vouloir plus. 

4. Objectifs de croissance personnelle

Quand j’ai commencé à m’occuper sérieusement de mes finances, j’ai rayé cet objectif de ma vie. Je voulais économiser le plus possible, je trouvais alors que dépenser de l’argent pour mon bien-être était une perte d’argent. Ne faites surtout pas comme moi. 

Cette catégorie d’objectifs est très importante et peut contribuer à atteindre plus rapidement d’autres objectifs comme l’indépendance financière. La croissance personnelle englobe tout ce qui concerne notre bien-être. Comme ce qui me fait me sentir bien n’est pas ce qui te fera te sentir bien, il est important ici aussi de déterminer ce qui rentre dans cette catégorie pour ne pas se retrouver à poursuivre des objectifs qui ne nous correspondent pas.

J’ai récemment entrepris une formation en ligne qui pourrait à court ou moyen terme me permettre de faire évoluer ma carrière. Une fois par mois, je m’offre un massage. Je me commande de temps à autre un repas ou je vais au restaurant. Ces petits gestes sont pour moi des gestes de croissance personnelle parce qu’ils me permettent de me sentir bien et de grandir en tant que personne.

Voilà d’après moi des objectifs globaux qui peuvent guider nos efforts pour ne pas se retrouver à économiser juste pour le plaisir de voir grandir le solde de son compte bancaire. C’est en travaillant simultanément sur chacun de ces objectifs qu’on va bâtir notre vie de riche.

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