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Pourquoi j’investis mon fonds d’urgence

J’ai récemment publié sur Instagram que mon fonds d’urgence était investi en bourse. 

Cette publication a suscité beaucoup de réactions notamment une de mes abonnées a partagé avec moi cet article d’une blogueuse qui explique qu’elle n’a pas de fonds d’urgence dans le sens strict du terme. 

Au vu des réactions et du fait que j’avais moi-même dit ici qu’il faut avoir un fonds d’urgence liquide dans un compte d’épargne, j’ai pensé qu’il serait pertinent de faire un article pour expliquer de long en large la réflexion qui m’a amené à violer ce principe sacré des finances personnelles.

Quand j’ai terminé mes études il y a un an, le contexte mondial de pandémie et mon travail dans un magasin de détail non essentiel m’ont persuadé de la nécessité d’avoir un fonds d’urgence de plusieurs mois assis dans un compte d’épargne à intérêt élevé. 

Je me suis donc religieusement mise à cette tâche. En octobre, j’ai trouvé un emploi dans une institution financière. L’emploi était plus stable et la paie plus élevée. J’ai bien sûr gardé le même niveau de vie que lorsque j’étais aux études et j’ai mis les bouchées sur le fonds d’urgence. En novembre, j’avais réussi à mettre 2000 $ dans mon fonds d’urgence. 

Plus je voyais mon fonds d’urgence croitre plus je m’interrogeais sur la pertinence d’avoir tout cet argent ne rien faire et perdre de la valeur dans un compte d’épargne à 0,75 % d’intérêt. Je voyais le marché boursier plonger pour une deuxième fois en quelques mois et j’avais envie d’en profiter, mais je n’avais pas de fonds disponibles puisque je me concentrais à bâtir un fonds d’urgence de 6 mois. 

En décembre, j’ai pris la décision d’investir mon fonds d’urgence dans un portefeuille équilibré avec Wealthsimple. À ce moment, je cherchais plus un meilleur rendement que le 0,75 % du compte d’épargne. Je me disais que les fluctuations du portefeuille équilibré ne sont pas aussi importantes que celle du portefeuille audacieux. Donc je n’aurais qu’à mettre un peu plus d’argent dans le compte pour couvrir les éventuelles fluctuations. 

Ma réflexion a été que, puisque le rendement à court terme peut être négatif, je n’aurai qu’à cotiser plus que ce que je veux pour mon fonds d’urgence pour pallier au cas où j’aurai besoin de cet argent lorsque le marché est en baisse

Par ailleurs, je voulais tirer profit du pouvoir des intérêts composés pour atteindre rapidement mon objectif. Avec un objectif de 6000 $, je me voyais cotiser 5000 ou 5500 $ et laisser la chance aux intérêts composés de faire le reste. Ce n’est certainement pas un taux d’intérêt de 0,75 qui aurait pu faire ça pour moi même si je laissais l’argent dans le compte pour 100 ans.

Aujourd’hui avec plus de recul, je me dis qu’un fonds d’urgence investi en bourse c’est la meilleure chose à faire pour moi. Attention, tout comme ce que je dis ici, ceci n’est absolument pas un conseil. Comme je dis toujours, les finances personnelles sont personnelles et c’est à chacun de prendre les décisions qui lui permettent de bien dormir la nuit en fonction de sa situation. 

Après avoir déterminé que mon niveau de revenu et de vie me procurait un certain coussin de sécurité, je remets en doute l’idée de garder 3 à 6 mois de dépenses dans un compte d’épargne et donc de perdre de l’argent à la longue.

Pour moi, un fonds d’urgence investi en bourse a du sens pour les raisons suivantes :

Type d’urgences et couverture

Souvent quand on parle d’urgence on pense à la voiture ou la maison qui brisent, une perte d’emploi ou un problème de santé ou encore pour nous autres immigrants, un membre de la famille qui a besoin de soutien au pays.

Pour ce qui est de la voiture ou de la maison, je ne suis pas concernée (je ne suis pas du quartier comme on dit chez moi).

Pour ce qui est de l’emploi, la sécurité de l’emploi dans ce pays n’existe vraiment que lorsqu’on travaille au gouvernement avec un contrat à durée indéterminée. Pour nous autres qui travaillons dans le privé, on peut être employée à 9 h et sans emploi à 10 h. Mais, j’ai un contrat à durée indéterminée avec une compagnie qui a de bonnes valeurs et une belle culture. À moins que je commette une faute grave, je ne me sens pas en insécurité dans mon emploi et la compagnie est loin de faire faillite et de devoir licencier la moitié de ses employés. 

Qu’à cela ne tienne, puisqu’on ne peut jurer de rien, si jamais je me retrouvais sans emploi, je pourrais toujours prendre un emploi dans un magasin de détail pour subvenir à mes besoins pendant que je me cherche un autre emploi. De mon expérience, il ne faut pas plus d’une semaine pour trouver ce type d’emploi. 

Pour ce qui est de la santé, j’ai une très bonne santé en général donc mes visites à l’hôpital sont très rares. Et au cas où j’en aurais besoin, mon employeur offre une excellente couverture en assurance maladie, médicament, vision, dentaire, invalidité et vie. Sans parler de la couverture offerte par la Régie de l’Assurance Maladie du Québec (RAMQ) qui, à ce qu’on dit, est très bonne (je ne l’ai jamais personnellement utilisée).

Pour ce qui est d’un membre de la famille qui aurait besoin de soutien au pays, j’ai déjà vécu cette situation en mars avec le décès de mon grand-père. J’ai été capable de soutenir ma famille face à cette situation sans compromettre mon épargne mensuelle. Mon niveau de dépense extrêmement bas et le taux de change entre le CAD et XAF m’a permis d’y arriver sans souci. 

Quand j’analyse ma vie, il n’y a pas vraiment de situation qui pourrait m’arriver et me déstabiliser financièrement au point de me plonger dans un énorme trou de dettes. À moins que tous ces événements n’arrivent tous au même moment, mais je ne croie pas à un tel niveau de malchance. 

Mode de vie

Mon salaire mensuel est d’un peu plus de 3000 $ par mois et mes dépenses mensuelles essentielles s’élèvent à 620 $. Ce n’est pas une blague. Mes dépenses mensuelles essentielles (loyer, téléphone et ration alimentaire) s’élèvent à 620 $ et je pourrais encore les réduire de 20 à 40 $. J’étais moi-même amusée tout à l’heure quand j’ai calculé cela. 

Je travaille de la maison, l’épicerie est à 20 minutes de marche et je n’ai pas de voiture. Donc je n’ai aucune charge pour le transport. Cela doit faire 3 mois que j’ai acheté une demi-douzaine de billets de bus au cas où et je n’en ai utilisé qu’un ou deux jusqu’ici. 

Avec un niveau de dépense aussi bas, si jamais survenait une urgence, mon salaire seul serait un bon coussin de sécurité pour couvrir les dépenses (en supposant que celle-ci ne rentre pas dans une catégorie couverte par les assurances collectives ou publiques). Je n’aurais qu’à rediriger les sommes que j’investis chaque mois vers l’urgence.

Si l’urgence est une perte d’emploi, j’ai constamment un 1000 $ qui traine dans un compte d’épargne pour les dépenses imprévues ou non budgétées. Cette somme constitue un coussin supplémentaire en attendant de trouver un travail dans un commerce de détail comme je le mentionnais plus haut. 

Cout de renonciation et inflation

Comme je le mentionnais ici, laisser son argent dans un compte d’épargne, c’est sacrifier beaucoup de valeur à l’inflation. En ce moment, les taux d’intérêt des comptes d’épargne vont de 0,01 à 2 %. L’inflation quant à elle est d’environ 2 %. Au mieux, l’argent garde sa valeur au fil des années. Au pire, il perd de la valeur. 

Personnellement je ne me sens pas confortable à l’idée de perdre de l’argent à cause de l’inflation d’autant plus que j’ai un système de sécurité multicouche qui me protège assez en cas de besoin. On recommande souvent aux gens de s’assurer à la hauteur de leurs besoins. Pour moi avoir un 6000 $ assis dans un compte d’épargne c’est trop se protéger. C’est comme payer pour une assurance privée quand on a déjà une assurance collective qui protège contre le même risque. 

Accessibilité

Parmi les caractéristiques du fonds d’urgence, on dit souvent qu’il ne doit pas être facilement accessible pour se protéger de la tentation de puiser dans le fonds d’urgence pour une virée de magasinage. Pour moi, l’argent investi en bourse est sacré. Pour que je sorte mon argent de là, il faudrait que je sois prise au cou et sans autre alternative. Ce qui sécurise encore mon fonds d’urgence. 

Pour toutes ces raisons, un fonds d’urgence investi en bourse répond mieux à mes besoins. Une fois de plus, cette décision est spécifique à ma situation. C’est à chacun de prendre les décisions qui correspondent à sa situation et lui permettent de vaquer à ses occupations sans être terrifié à l’idée qu’un malheur survienne et qu’il soit désemparé.

Je suis curieuse d’entendre vos avis sur cette question

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