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Comment épargner quand on a un faible revenu?


Lorsqu’on a un faible revenu, on écoute les beaux discours sur la nécessité d’épargner et d’investir pour son avenir d’une oreille distraite. On pense que cela ne s’applique pas à nous parce qu’on n’a pas déjà assez pour joindre les deux bouts alors épargner apparait comme un luxe qu’on ne peut pas se permettre. Pourtant c’est souvent dans ces situations qu’on a besoin de bâtir son muscle d’épargne, surtout si on est jeune et qu’on est dans une situation temporaire qui va évoluer pour le mieux.

Il faut être astucieux pour réussir à mettre de côté quelques dollars par mois quand on en a peu pour vivre. On ne parle pas ici de milliers ou même de centaine de dollars à épargner, mais de dizaine. Cela peut sembler ridicule, mais à long terme on va se féliciter d’avoir commencé.

Dans cet article je veux te partager quelques astuces que j’utilisais quand j’étais étudiante internationale pour réussir à épargner.

Juste en rappel, quand on est étudiant international au Québec et qu’on ne vient pas de pays qui ont une entente avec le Québec comme la France ou la Belgique, on paie des frais de scolarité trois à quatre fois plus cher que les étudiants québécois. On n’est autorisé à travailler que vingt heures par semaine. Ce qui limite souvent le choix aux magasins de détail qui paient le salaire minimum. Donc, en tant qu’étudiant international, je devais souvent jongler avec un budget de 800 à 900 $ par mois.

Je payais mes études et mes frais de subsistance moi-même. Je n’attendais donc pas un virement mensuel de la part de parents ou qui que ce soit. Voici comment je réussissais malgré tout à épargner :

Augmenter son revenu

Ça peut sembler cliché et on n’a pas souvent envie de l’entendre, mais quand on a un faible revenu et qu’on veut épargner, la meilleure chose à faire c’est d’augmenter ses revenus. Je n’étais autorisée à travailler hors campus que vingt heures par semaine, ce qui, comme je l’ai mentionné précédemment me générait entre 800 et 900 $ par mois. Si on soustrait le loyer, le bus, la ration alimentaire, il ne restait pas assez pour payer la scolarité. Et là, je ne cite que les dépenses essentielles.

Pour épargner, il faut donc trouver une activité secondaire pour générer de l’argent. Pour moi, c’étaient souvent les corrections ou les surveillances d’examen à l’université. Quand on étudie au second cycle, on peut facilement avoir de tels contrats en demandant au bureau des étudiants. Ils sont souvent très bien payés (ça dépend de l’université et du niveau d’étude, mais c’était 4 à 10 $ au-dessus du salaire minimum pour moi) et demandent peu de temps. Ils sont cependant périodiques. On va en avoir beaucoup pendant la mi-session et la fin de session.

Ensuite je donnais des cours de français. Je vis dans une ville du Québec où on retrouve une grande communauté anglophone. Certains d’entre eux ont besoin d’apprendre le français pour des besoins professionnels ou autres. Avec une petite annonce sur Kijiji, j’ai réussi à glaner quelques contrats et je donnais des cours à une ou deux personnes une à deux fois par semaine.

Je faisais aussi de la correction de texte en français. Toujours avec une annonce sur Kijiji, je proposais aux gens de corriger leurs textes écrits. Ma clientèle ici était souvent les étudiants pour leurs travaux de session et les entrepreneurs pour leur site web par exemple.

Avec toutes ces activités, je réussissais à dégager un revenu variant entre 400 et 1000 $ de plus par mois.

Petite note pour dire que ça peut sembler beaucoup d’activités et de dispersion pour quelqu’un qui était aux études, mais ce n’était absolument pas le cas. Les activités étaient éparses et j’avais plein de temps pour mes études. D’ailleurs, j’ai terminé mon programme six mois en avance.

Utiliser de l’argent comptant pour ses dépenses

Au-delà des bienfaits psychologiques que dépenser de l’argent comptant comporte, un autre bienfait est qu’il permet d’épargner facilement. Comme la plupart de mes activités mentionnées précédemment étaient payées en argent comptant, la plupart de mes dépenses courantes étaient donc payées en espèces. Et mon astuce était d’épargner toutes les pièces générées par mes dépenses. Un peu comme le service d’arrondissement au prochain dollar offert par certaines banques sur les cartes de crédit ou débit.

Si je payais mon épicerie à 23,45 $ et que je donnais 25 $ à la caisse, je rentrais mettre tout le change de cette transaction dans une enveloppe brune. Ce qui avait commencé petit à petit avec des 25, 10, 5 sous a grandi et au bout de quelques mois, j’avais plein de rouleaux monnaie qui, je peux vous dire, m’ont bien aidé à un moment donné. J’avais plus de 500 $ en rouleaux de 2 $, 1 $, 25, 10, 5 sous. Cet argent me servait de fonds d’urgence. Je savais que s’il m’arrive quoi que ce soit, cet argent m’aiderait à payer le loyer et ma ration pour au moins un mois.

Demander et accepter de l’aide

La honte ou l’orgueil nous empêche souvent de demander ou d’accepter l’aide disponible. Cette aide peut venir des amis, des institutions ou même de bienfaiteurs inconnus. On refuse souvent parce qu’on n’a pas envie d’être de ces personnes qui mangent à la soupe populaire ou alors celles qui demandent aux amis de les dépanner.

De par mon éducation, je n’ai jamais appris à demander de l’aide. Je pensais qu’il y a un certain prestige et mérite à tout faire soi-même et surmonter les obstacles toute seule comme une grande. Mais en arrivant ici au Canada, j’ai compris que c’était une pensée biaisée, voire dangereuse.

Je faisais partie de cette catégorie de personnes qui aime aider les autres, mais qui ne demandait et n’acceptait jamais l’aide parce que je présumais que demander ou accepter de l’aide c’est déranger les autres ou alors leur créer un problème ou encore leur être redevable. Aucune de ces situations n’était désirable pour moi. Donc je ne demandais et n’acceptais pas d’aide.

Mais la vie est difficile dans un pays étranger où on ne connait personne et vivre dans l’orgueil peut être dangereux. J’ai commencé à demander et accepter l’aide qui était offerte. Il y avait dans mon université une association qui offrait des denrées non périssables aux étudiants en difficultés. J’allais souvent chercher de la nourriture là-bas même si je n’avais pas vraiment de difficultés à payer mon épicerie. Ça me permettait de réduire ma facture d’épicerie et d’épargner quelques dollars.

Il y avait aussi toutes sortes de programmes de bourses offerts soit par l’université ou divers organismes. Je postulais à tout ce qui était ouvert aux étudiants étrangers. Quand je dis souvent que j’ai gradué sans dettes, ce n’est pas parce que je travaillais assez fort pour dégager 9000 $ par trimestre pour payer ma scolarité, c’est parce que je demandais et acceptais l’aide disponible sous forme de bourses.

Quand la pandémie a commencé, mon université a offert du soutien financier aux étudiants et j’ai postulé. J’avais fini mes études et attendais la délivrance de mon diplôme, mais j’avais encore quelques dettes d’études. Alors j’ai postulé et l’argent reçu m’a permis de payer ma dette. J’ai des amis qui offraient également de me faire l’épicerie, j’ai accepté.

Je n’avais pas besoin de certaines de ces aides dans le sens où je n’aurais pas été en mauvaise position si je ne les avais pas obtenues, mais elles m’ont aidée à garder le peu d’argent que j’avais et de le réaffecter.



Les défis d’épargne

Les défis d’épargne sont une façon amusante et simple d’épargner quand on n’a pas beaucoup d’argent. Les montants qu’on doit souvent épargner lors de ces défis sont ridicules et c’est ce qui les rend intéressants. Celui que j’ai utilisé est le défi de 52 semaines où on épargne un montant égal au numéro de la semaine de l’année. 1 $ pour la semaine 1, 2 $ pour la semaine 2, 3 $ pour la semaine 3 et ainsi de suite jusqu’à 52 $ à la semaine 52.

À la fin de ce défi, on a épargné 1378 $. Beaucoup d’argent si tu me demandes mon avis.

Dans sa forme traditionnelle, ce défi peut devenir contraignant vers la fin de l’année où on doit dépenser des sommes substantielles chaque semaine. Certaines personnes suggèrent d’inverser l’ordre et de mettre les gros montants en début d’année. D’autres suggèrent de faire un tirage au sort et de répartir la charge aléatoirement tout au long de l’année.

Moi j’ai simplifié encore plus. J’ai aligné le montant total du défi sur mes jours de paie. 1378 divisé par 26 égal à 53. Donc à chaque paie, 53 $ était automatiquement prélevé de mon compte chèque pour mon CELI.

Je ne répèterai jamais assez l’importance du prélèvement automatique lorsqu’on essaie d’épargner. Le meilleur moyen de prendre l’habitude d’épargner c’est de le faire automatiquement. De nombreuses institutions offrent cette possibilité. On n’a qu’à prendre action une fois et on est garanti que même en ne faisant rien d’autre, on épargne quand même.



En juin 2020, lorsque j’ai officiellement terminé mes études, j’avais un peu plus de 5000 $ dans mes comptes et zéro dette de carte de crédit.

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